mardi 20 juillet 2010

Et avec Ceci ?, Jean-Louis Rambour

« Et avec ceci »

Ce livre a fait l’objet d’un partenariat entre les éditions Abel Bécanes et le site internet Livraddict (que je remercie).
La trame narrative de ce roman se situe dans une petite bourgade, que l’on pense en Picardie, lieu de provenance de son auteur Jean-Louis Rambour. Un meurtre s’est produit, celui de la petite Mélanie, sur le parking du supermarché de la région, mettant en émoie toute la communauté. L’auteur prend alors le parti de décrire la basse société, les gens oubliés et oublieux. Les portraits commencent par celui de Zorro, homme rustre aimant fortement le vin du Lot-et-Garonne, pour en finir sur un meurtrier. Les descriptions sont burlesques, l’auteur ironise sur les sorts de ces pauvres gens, et n’oublie pas de rappeler que l’être humain n’est que vanité.
La narration extradiégétique se fait essentiellement à une focalisation 0, donc omnisciente, nous connaissons les faits passés, présents mais aussi futurs. Cette focalisation ne permet pas aux lecteurs de rentrer dans les personnages : elle les survole. Les descriptions sont longues, lourdes, laissant très peu de place à l’action. Les répétitions sont nombreuses, beaucoup trop, notamment sur le chanteur mort de la mucoviscidose : Grégory Lemarchal. Mais cela peut s’expliquer, cela peut traduire une certaine routine dans la vie de ces personnages, rythmée par un passage en caisse, une prise de médicament. Il est, en effet, important de rappeler que ce centre commercial est important dans la narration, il est le lieu de rassemblement, et le lieu principal de l’action. L’œuvre débute par le supermarché, et se termine avec lui.
Jean-Louis Rambour est avant tout un poète (comme le signal sa maison d’édition), et cela se ressent ! Le personnage du poète est peut être un double de l’auteur. Ce dernier en profite, il insère au sein de son roman quelques poèmes sous forme d’épitaphe. Bien joué !
L’idée présente sur la quatrième de couverture se retrouve dans ce roman, néanmoins je m’attendais à autre chose, peut être un portrait plus pleurnichard, quelque chose qui me laisse prendre conscience d’une vie sans but : j’aime ce genre de livre. Néanmoins, je n’ai pas trouvé ce que j’y recherchais, l’ironie a peut être tout gâché, et j’ai eu le sentiment d’être prisonnière dans un récit qui ne finirait jamais. Même la découverte de l’assassin m’a laissé de glace, après tout, ce n’est qu’un personnage « de rien ».

Note : 5/10

Les bons points : Une poésie incontestable, notamment sur les épitaphes. L’idée générale de ce roman.
Les mauvais points : Une narration trop encombrée de descriptions et de répétitions.


Pour qui s’adresse ce livre ? A tous ceux qui souhaite, en premier lieu, découvrir un auteur Picard et spécialement Jean-Louis Rambour, ainsi que la petite maison d’édition Abel Bécanes. A ceux qui aimerait en savoir un peu plus sur ce livre, et ceux aimant les livres traitant du revers du décor de notre société, de ces gens oubliés.

3 commentaires:

Pimprenelle a dit…

Pour ma part, j'ai été conquise! Surtout par cette ironie qui touche très juste!

Sindy a dit…

Je suis heureuse que ce livre t'ai plut? En voyant vos critiques très positives je me demande si, finalement, je ne suis pas passée à côté de quelque chose...

Pimprenelle a dit…

Tu sais, il y autant de lectures que de lecteurs... et même les gros succès ne plaisent pas à tout le monde! C'est ce qui fait toute la richesse de la lecture!