lundi 22 février 2010

L'homme au ventre de Plomb, Jean-François Parot

2 commentaires



« Oui assurément, les morts se ramassaient à tous les coins de rue, dès qu'il touchait à une affaire. »


Jean-François Parot diplomate de profession, est un ancien étudiant d'histoire, d'ethnologie et d'anthropologie. Sa parfaite connaissance de la ville de Paris au XVIIIéme siècle a permit à l'auteur de créer le personnage de Nicolas le Floch commissaire au Châtelet dans le Paris de Louis XV.
Le succès littéraire fut tel qu'une série télévisée vit le jour sur les chaînes de télévision Française. Cette série télévisée débute par le second tome de la série littéraire, c'est à dire par L'homme au ventre de plomb, alors que la série littéraire débute par L'énigme des blancs manteaux.
L'homme au ventre de plomb débute par une scène nous présentant le personnage principal Nicolas le Floch qui se trouve à l'opéra, néanmoins on peut considérer ce lieux comme ayant un rapport avec le dénouement de  cette histoire policière. Nicolas le Foch, assiste donc, au début de l'intrigue policière à une représentation d'opéra, mais se voit dans l'obligation de quitter ce lieux de fête afin de régler une affaire criminelle. En effet le vicomte de Ruissec est retrouvé mort dans ses appartements. Alors que le supérieur de Nicolas le Floch, Monsieur de Sartine, est persuadé d'un suicide de la part du vicomte de Ruissec, Nicolas est certain d'avoir affaire à un meurtre. C'est à partir de cet événement que l'intrigue policière s'ouvre.
Là où prend tout le charme de ce roman policier, est sans doute son encrage dans l'histoire de Paris. Elle plaira sans doute à tous les amoureux de Paris et de la France sous l'ancien régime, en particulier du bienheureux règne de Louis XV. Le lecteur y retrouvera certains personnages historiques comme le Roi ou encore la célèbre marquise de Pompadour, connue pour avoir été une mécène des arts et des lettres. On notera aussi la présence de nombreuses recettes courantes de l'époque, une manière originale de l'auteur de nous faire découvrir cette époque culinaire, fort peu connue de nos jours.
D'un point de vue narratif, le narrateur est omniscient, il connait la psychologie du personnage de Nicolas le Floch, il prend le rôle d'observateur. C'est à dire que les éléments de l'enquête ne sont donnés que par le personnage principal. Le lecteur avance donc dans l'enquête en même temps que Nicolas Le Floch, le lecteur possède donc le droit lui aussi de pouvoir mener son enquête.

lundi 15 février 2010

La femme au collier de velour, Alexandre Dumas

3 commentaires
« Chez le joueur, un seul sentiment continue de vivre, c'est le désir, et ce sentiment se nourrit et s'augmente au détriment de tous les autres ».





Attention, cette critique comporte un certain résumé de l'oeuvre, sans pour autant en dévoiler la fin, si vous ne souhaitez pas connaître l'histoire de cette oeuvre, veuillez ne pas lire ce qui suit.





Alexandre Dumas, connu pour avoir écrit Les Trois mousquetaires ou encore La Reine Magot, nous livre ici une courte histoire d'un jeune musicien/peintre/poète allemand venu en France pour mieux y découvrir la culture française. La période historique de ce roman est située en 1793, soit pendant le règne de la terreur.


Durant toute la narration, le jeune Hoffman cours à sa perte, tout commence par un jeux de roulette permettant à Hoffmann et son ami de pouvoir partir à Paris. S'ensuit alors une réussite au jeu et une prédiction de mort. Cette prédiction de mort, aura comme conséquence sur le personnage principal de ne plus jouer aux jeux d'argent, du moins pendant un certain temps. Cette bonne résolution est d'autant plus appuyée par la promesse de mariage avec la belle fille d'un célèbre compositeur allemand. Cette dernière l'oblige de ne point la tromper et de ne point jouer aux jeux. Comme tout lecteur peut s'en douter, Hoffmann ne tiendra pas sa promesse, ou du moins cette promesse sera corrompue par la présence d'une belle danseuse, amante du célèbre Danton, la fameuse femme au collier de velours.


C'est à partir de cette promesse que tout l'intérêt de ce roman prend sa source, en effet le personnage principal semble être sous l'emprise d'une certaine folie. L'auteur nous dévoile sa vision du règne de la terreur, d'une part par la description morbide du dernier voyage en charrette de la Du Barry (dernière maîtresse du roi Louis XV), par le refus de l'aubergiste de prendre part à la vision de la décapitation, mais aussi par cette fameuse femme au collier de velours. Le règle de la terreur, et l'ambiance de la France (mais surtout de Paris) influent négativement sur les actions et la psychologie du jeune Hoffmann, courant ainsi non pas à sa perte physique, mais à la perte de ses proches.


Alexandre Dumas, tente donc une certaine critique d'une période qu'il n'a pas connu, en effet il est né en 1802, il possède donc un certain recul non négligeable sur cette période et il connait ses conséquences. Ce qui lui permet de pouvoir peindre une vision négative de Paris sous le temps de la guillotine.





Pour qui s'adresse ce livre ? Ce livre est un classique, il s'adresse donc à tout curieux, le style n'est pas très lourd il peut donc être lu par les « casual » lecteurs, et enfin aux passionnés de la révolution et d'Alexandre Dumas. 

Collection : Librio

lundi 8 février 2010

La lettre au père, Franz Kafka

0 commentaires
"Tu m'as demandé récemment pourquoi je prétends avoir peur de toi."

Franz Kafka est un auteur bien connu pour avoir écrit des textes tortueux, notamment la Métamorphose, où le rôle du père occupe une place importante. Cette lettre écrite à son père, qui à l'époque été déjà mort, doit se lire en comparaison des œuvres écrites de Franz Kafka, ainsi le rôle du père dans la Métamorphose prend tout son sens.
Dans cette lettre, Kafka s'adresse donc à son père, il lui reproche son éducation, cette façon d'avoir toujours été supérieur à lui, notamment lors des repas. Mais aussi d'avoir toujours eu une certaine répulsion envers ses frères et sœurs. Franz se confie, Franz dit tout ce qu'il avait à dire, il se lâche et critique (mais complimente aussi) son père.
Cette lettre, qui ne rencontrera jamais son destinataire est une certaine psychanalyse de l'auteur réalisée par lui-même, il tente de mettre des mots sur les maux de son enfance, de comprendre comment il est devenu l'homme qu'il est, en écrivant cette lettre.
Cette dernière se termine par une imagination de Franz Kafka, ce dernier imagine la réaction de son père, réaction très dur soit dit en passant.
La lettre au père, un savant mélange entre auto-biographie et imagination.

Pour qui s'adresse ce livre ? Aux amoureux de Franz Kafa, à ceux qui veulent en savoir plus sur l'univers et les rôles du père dans chacune des œuvres de l'auteur.

Edition : Gallimard
Collection poche : Folio
Traduit de l'allemand par Marthe Robert

lundi 1 février 2010

Marie-Antoinette, Antonia Fraser

4 commentaires
"Dieu, si nous avons commis des fautes, nous les avons bien expiées !"

On doit la biographie de Marie-Antoinette d'Antonia Fraser, femme de lettres britanniques, biographe, historienne et romancière. Afin de réaliser cette biographie, Antonia Fraser précise qu'elle c'est imprégnée du sujet, elle a put grâce à ses contactes, visiter la chambre où est née "l'autrichienne", les tissus qu'elle avait portés, les lieux de son enfance comme ceux de ses derniers jours. Si aujourd'hui Marie Antoinette fascine, c'est sûrement dût à sa mort et le peu de connaissance que l'on a à son sujet. C'est pourquoi Antonia Fraser tente de justifier le tir, Antonia Fraser peint la vie de Marie Antoinette de sa naissance en Autriche jusqu'à sa mort place de la concorde.
L'auteur prend ici position, chose peu commune dans une biographie qui devrait être complètement dénuée de tout sentiment, et devant être objective. Or Antonia Fraser défend le plus souvent sa protégé, elle en vient même à ne pas attribuer le célèbre "donnez leur des brioches" à la fameuse reine.  Elle descend les nombreux pamphlets de l'époque, pour elle la reine ne serait pas lesbienne (même si dans sa préface elle émet quelques doutes à ce sujet).
Cette biographie, romancée, est très intéressante de part sa facilité de lecture, en effet mis à part le genre de l'œuvre : une biographie, sa lecture reste très agréable de part l'attirance que l'auteur arrive à nous faire ressentir à propos de la reine. On prend le parti de cette reine brave, et mère de France avant tout.

Pour qui s'adresse cette œuvre ? Pour les fanas d'histoires qui auront ici une nouvelle version de la biographie d'un personnage déjà bien célèbre, à tous ceux qui ont aimé le film de Sophia Coppola et qui voudraient aller plus loin dans l'histoire de Marie Antoinette (n'oublions pas que Sophia Coppola c'est inspirée de Antonia Fraser), pour ceux que Marie-Antoinette a toujours fasciné.

Titre original : Marie-Antoinette, The Journey
Traduit de l'anglais par Anne-Marie Hussein
Editeur : Flammarion