lundi 29 mars 2010

Emily ou la déraison, Jean-Pierre Milovanoff

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« Je crois que les morts n'en finissent pas de nous conduire, de nous perdre, de nous enchanter et de nous faire souffrir jusqu'à l'heure où notre disparition leur permettra de goûter enfin le repos que nous leur avons refusé. »


Jean-Pierre Milovanoff nous livre ici un bien beau texte. C'est l'histoire d'une jeune fille, de son frère et de ses morts. C'est aussi la narration d'une folie douce et pesante. Emily, atteinte de folie, ne fait pas attention au monde qui l'entoure, au monde des vivants, mais bel et bien au monde des morts. Ces morts qui lui parlent, qui l'entourent, qui la hantent. Cette passion morbide l'entraînera dans une certaine folie, où tout semble lui faire peur « la nuit, le vent, les passants, les sentiers déserts, les inconnus au téléphone, les chauve-souris, les couloirs d'hôtel, le grelot au cou des chats, la crème du lait ». Néanmoins, le lecteur est amené à se poser la question de sa folie. Emily est-elle vraiment folle, ou est-ce le monde qui est fou ? Entre la tante qui organise des séances d'auto-défense, d'un vendeur en porte à porte perdu à cause de l'argent, ou bien d'un homme un peu trop volage.


Le frère d'Emily, tente néanmoins de la sauver, il l'a guide dans la vie, l'accompagne lors de ses premières passions amoureuses, et s'assure que tout va bien pour elle. C'est un frère très protecteur qui, l'on peut se demander, ne se sert pas d'Emily pour vivre son existence, qui sans elle n'aurait peut être aucun sens.


Jean-Pierre Milovanoff signe donc, ici, un roman emprunt de poésie, mais peut être un peu trop fade, cette distance entre la folie pure du personnage annoncée dans le titre de l'œuvre n'est peut être pas au rendez-vous, néanmoins cette lecture vaut le détour.





Pour qui s'adresse ce livre ? Il se lit très vite, donc peut convenir à peu près à tout lecteur souhaitant s'investir dans ce roman. C'est un roman noir, donc à éviter si l'on est un peu trop déprimé (il ne vous rendra pas vraiment le sourire).

lundi 22 mars 2010

Las Vegas parano, Hunter S Thompson

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«Celui qui se fait bête se débarrasse de la douleur d'être homme  »


Hunter S. Thompson ancien journaliste sportif nous livre ici une oeuvre littéraire hors norme. Hors norme car elle ne possède ni queue ni tête. Un jeune journaliste sportif accompagné de son avocat étranger part à Las Vegas pour couvrir une course. Cette course n'est qu'un prétexte afin de pouvoir courir derrière leur rêve américain. Leur course débute dans une voiture décapotable rouge remplie d'acide et de drogue en tout genre. Là où réside le génie, ou la folie, du jeune journaliste est que les drogues et autres acides sont violemment condamné dans cet état.


Ce livre est composé de deux partie, la première concerne donc une course de voiture, qui ne sera finalement que peu évoquée, et une seconde partie beaucoup plus plaisante, où nos deux drogués assistent à une conférence sur les drogues et leurs dangers.


Entre désordre et folie, l'auteur Hunter S. Thompson navigue sur le mythe de la folie de Las Vegas, là où tout n'est que débauche et exubérance.


Un film est tiré de cet ouvrage, il reprend presque la totalité du livre.





Pour qui s'adresse ce livre ? A tous ceux qui ont aimé le film, aux amateurs de Frederic Beigbeder (j'ai trouvé que les deux styles d'écritures avaient des points communs), aux curieux qui voudraient connaître les secrets cachés de Las Vegas et de l'univers journalistique.

lundi 15 mars 2010

L'Olympe des infortune, Yasmina Khadra

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« Quand bien même nous ne possédons pas grand-chose, nous mettons du cœur dans notre pauvreté. »
Yasmina Kahdra, plus connu pour des ouvrages traitant des empires du moyen-orient, nous livre ici un conte sur l'univers en deux parties, encore peu connu, des sans domicile fixe. Là où l'écriture est touchante, comme la citation le montre, réside dans un contraste flagrant entre leur pauvreté et l'esprit des personnages. Yasmina Kahdra possède une plume de poète, en effet les SDFs sont ici montrés sous leurs plus beaux jours. Ils ont beau être crasseux, sans le sous, ils sont beaux, ils philosophent à leur manière, il ont de l'esprit. Des métaphores filées de la mer se retrouve donc assimilé à ces gens que tout le monde ignore.
On retrouve aussi de nombreux personnages attachants, comme le grand Ach, musicien du terrain vague et aussi mentor du jeune Junior (qui porte très bien son nom), le gang du Pacha. Ils ne sont ni blanc, ni noir : le gentil Ach sera amené à faire des erreurs, tandis que Pacha, le gangster, dévoilera son cœur tendre au cours d'une mésaventure. La vue de l'auteur n'est donc pas manichéenne, et ne renvoi en rien à une certaine dénigrement de ces êtres humains au contraire, ils sont magnifiés !
La toute première partie du livre semble monotone, on suit tranquillement la vie des résidents du terrain vague, au rythme des vagues. Néanmoins cette tranquillité sera dérangée par un nouvel arrivant, peut être un peu trop fou, la vie sur le terrain ne sera plus jamais la même.
L'auteur dénonce donc ici notre indifférence face à ces êtres humains, aux horreurs que l'on peut leur causer, voire même à notre malheur à nous, nous pauvres gens de la ville. Nous qui ne possédons que du matériel et peu de cœur. Nous qui ne pensons qu'à nous, à notre argent, à acquérir toujours plus, alors que finalement le bonheur réside dans des petites choses de la vie. Je pense que le personnage de Ben Adam nous ressemble, il est un être unique symbolisant tout et n'importe qui, nos coutumes tout comme notre histoire. Il n'est présent que pour montrer notre incapacité à accepter que d'autres personnes peuvent vivre différemment. Je pense aussi que Yasmina Kahdra n'a pas vraiment changé de registre, je vois dans son œuvre une transposition des problèmes du moyen-orient sur le monde des SDFs. Ne sommes nous pas tous des Ben Adam ? Nous intervenons là où nous ne connaissons ni les coutumes, ni même le mode de vie, nous cherchons à purifier, à rendre plus occidentaux des pays qui ne le sont pas. Nous semons la pagaille au seul titre que leurs méthodes de vie ne nous ressemblent pas.
Yasmina Kahdra est un auteur incontournable de notre génération, cela n'est pas anodin que certaines critiques l'assimile à Albert Camus.
Pour qui s'adresse ce livre ? J'ai envie de dire à tout le monde ! Il est très simple d'écriture, l'auteur a vraiment transcrit un langage familier qui colle très bien à ses personnages, donc pas de prise de tête au niveau de la compréhension de ce texte. Le livre n'est pas encore sorti en poche, donc à réservé à ceux qui veulent vraiment le lire, où possédant un ami l'ayant. Il se lit très vite, voire même d'une seule traite, donc il correspond très bien à ceux qui lisent très lentement. Aux amateurs de l'auteur et d'Albert Camus.
Édition : Julliard
Nombre de page : 232
Prix : 18 € 

vendredi 12 mars 2010

Adresse shopping : Bloody Mary

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Comme je vous l'avais annoncé la semaine dernière, le vendredi est le jour des annonces de ssorties littéraire, mais aussi le jour des bonnes adresses shopping papeteries/librairies.

Pour la première édition de cette sélection shopping, je vous ai choisi la petite librairie d'occasion que j'affectionne beaucoup : Bloody Mary.
Cette petite boutique nous offre de tout, mais essentiellement de très vieux livres. On y trouve même de petits livres de poème possédant une couverture en tissus fleuri. L'offre la plus intéressante est sans doute les trois livres de poche pour 5 euros (ou un livre de poche pour seulement deux euros)! Le seul bémol de cette offre, c'est que Bloody Mary ne possède qu'un petit stand de livre de poche, le choix est donc relativement restreint, mais cela nous oblige à venir plus souvent afin de vous tenir au courant des nouveaux arrivages. 

Vous pouvez retrouver cette charmante librairie, ouverte du lundi au au samedi de 11h30 à 19h, située à Paris, à l'adresse suivante : 
18, rue Linné
75005 Paris
Tel. 01 43 36 04 26
M° Jussieu (Ligne 7 & 10)
Elle est aussi présente sur des sites de vente d'occasion comme PriceMinister et Ebay. 

Plus d'information sur leur site web : http://www.librairie-bloodymary.com/.

lundi 8 mars 2010

Mémoire sur la vie privée de Marie-Antoinette, Madame Campan

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« Lorsqu'on écrit sur des temps rapprochés, il faut être de l'exactitude la plus scrupuleuse et ne se permettre ni interprétation, ni exagération »

Avant toute critique de ce livre, il est important de rappeler aux lecteurs le rôle de Madame Campan au sein de la cours des rois Louis XV et Louis XVI. Madame Campan, née Jeanne Genet, fût tout d'abord lectrice auprès des filles de Louis XV (dont la princesse Adelaïde). Après le mariage entre Marie-Antoinette et Louis XVI, Madame Campan fût nommée femme de chambre au service de la dauphine (future reine Marie-Antoinette).
Madame Campan, en écrivant ses mémoires, endosse alors le rôle d'historienne, elle se doit donc de relater les événements auxquels elle a assisté, néanmoins nous pouvons douter de ses mémoires, et de son exacte interprétation. En effet, dès le début de cette édition, Madame Campan nous dresse un portrait, peu valorisant, de l'abbé Vermond, elle prend donc ainsi une certaine position vis à vis de la Reine; car l'abbé Vermond à selon Madame Campan négligé l'éducation de la dauphine, ce qui entraînera une défaveur pour cette dernière.
L'édition Folio a choisi de publié seulement des extraits des mémoires de Madame Campan, elle commencent avec la naissance de Marie-Antoinette et finissent à la naissance du premier enfant de la reine, autrement dit à la naissance de Marie-Thérèse dite Madame Royale. Le lecteur pourrait être déçu par cette sélection, car de nombreuses coupures sont présentes, elle ne sont sans doute pas nécessaire dans la compréhension du texte, mais les plus amoureux de l'histoire de Marie-Antoinette seront sûrement déçue de ne pas tout lire. Heureusement pour eux, il existe une autre édition beaucoup plus complète.



Pour qui s'adresse ce livre ? Pour tous les mordus de Marie-Antoinette qui ne veulent pas forcement lire toutes les mémoires de Mme Campan. Pour les amateurs d'histoire.

vendredi 5 mars 2010

Sortie littéraire : Katherine Pancol

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Vous avez sans doute put le remarquer, le lundi est le signe d'une nouvelle critique. Bientôt le vendredi sera synonyme de sortie ou de shopping littéraire, les publications d'articles seront cependant beaucoup moins présentes que les critiques du lundi.

 

Aujourd'hui, nous allons parler d'une nouvelle sortie littéraire, celle de Katherine Pancol avec son tout nouveau ouvrage : Les écureuils de central park sont tristes le lundi. Il s'inscrit comme le dernier opus de la série comprenant : Les yeux jaunes des crocodiles et La valse lente des tortues. La publication est annoncée pour avril 2010.
A cette occasion, Katherine Pancol donnera une séance de dédicace au sein de la librairie de la Griffe Noire le Samedi 10 avril 2010 à 15 heures.

Plus d'informations sur le site de la Griffe Noire : http://www.lagriffenoire.com/?p=10 

Nous avions déjà parlé de Katherine Pancol avec Les yeux jaunes des crocodiles.

lundi 1 mars 2010

La vénus d'Ille et autres nouvelles, Mérimée

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« Cette malheureuse jeune personne est devenue folle, me dit-il en souriant tristement. Folle ! Tout à fait folle. »

Prosper Mérimée est un auteur du XIXéme Siècle, on lui doit notamment Carmen, les âmes purgatoires et « La Vénus D'Ille ».
Le recueil de nouvelles de chez Flammarion (GF) comporte entre autre la Vénus d'Ille, Lokis ou encore La Chambre bleue pour les plus connues.
Ce recueil regorge, entre autre, de nouvelles fantastiques, c'est à dire : « Lokis », « La vénus d'Ille » mais aussi « Djoûmane ». Ces trois nouvelles ont un point en commun, un fantastique qui tend à revenir à la nature des choses. La Vénus d'Ille est un retour à la pierre : une femme animée, ne souhaitant que retrouver son amant, qui par mégarde lui aurait passé un anneau funèbre à son doigt. Anneau funèbre car cet amant se fera assassiné dans la chambre nuptiale. Là où réside le fantastique est que le narrateur lui-même hésite entre la folie de cette théorie et un raisonnement logique. Cette hésitation est la clef du fantastique de ce siècle, il n'est donc pas rare de le retrouver chez Prosper Mérimée, d'ailleurs le lecteur mais aussi le narrateur hésitera longtemps sur le cas de Lokis, est-il un être mi-ours mi-homme ou se laisse-t-il avoir par son imagination ?
Néanmoins ce recueil comporte aussi des petites nouvelles très sympathiques, notons surtout « La Chambre bleue » où deux amants sont prit au piège par leurs imaginations, ont-ils à faire à un meurtre ou bien est-ce un simple malentendu ? Cet aspect de l'imagination est aussi présent dans « L'Abbé Aubain », où une dame croit que son abbé est subitement tombé en amour pour elle, mais est-ce vraiment le cas ?
Ce recueil de nouvelles est donc intéressant, le style d'écriture de Prosper Mérimé est vaste, il passe par le style fantastique au style épistolaire sans rien perdre de sa plume. C'est un classique intéressant à lire, du moins pour en savoir un peu plus sur le début du fantastique en France.

Pour qui s'adresse ce livre ? Pour les jeunes étudiants qui veulent en savoir plus sur la littérature du XIXéme siécle, pour les amateurs de fantastique et d'Hoffmann, pour les « casuals » lecteurs qui apprécieront le côté nouvelle et donc un livre facile à lire.