mardi 20 septembre 2011

Kafka sur le rivage, Murakami

«Même les rencontres de hasard sont dues à des liens noués dans des vies antérieures.» 

Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore. Avant de voir leur destin converger inexorablement et de découvrir leur propre vérité.

J'ai été ravie de tomber sur ce roman dans la petite librairie de Sète, j'avais déjà vu la couverture dans plusieurs librairies, elle m'avait auparavant déjà attirée, et j'ai décidé de me lancer, sans même lire la 4éme de couverture (que je vous présente ci-dessus). Quelle découverte ! J'ai succombé au charme de l'écrivain Japonais, qui nous embarque dans un univers magnifique et onirique, d'un Japon contemporain, qui pourrait être issus d'un monde parallèle. 
Kafka Tamura, et le vieil homme Nataka, sont deux personnages principaux, ils suivent une quête dictée par le destin. Kafka a toujours eu conscience de cette quête, elle lui a été dictée par son père dès son plus jeune âge, cette dernière n'est pas sans rappeler le complexe d'Oedipe : tu coucheras avec ta mère, tu tueras ton père, mais l'originalité de cette interprétation réside dans le : tu coucheras avec ta soeur. Tandis que le personnage de Nakata semble avoir été choisis par une force sur-humaine, loin de notre monde, il n'a pas conscience des évènements futurs avant que ceux-ci se présentent devant lui. A côté de nos deux personnages attachants, on retrouve des personnages secondaires présents afin que les deux quêtes puissent aboutir, mais aussi pourvu d'une quête intérieur : Oshima, l'employé de la bibliothèque doit faire face à une dualité interne, tandis que la directrice, mademoiselle Saeki, qui, à contrario au personnage de Nakata, recherche le vide intérieur, un effacement total de ce qu'elle est.
L'oeuvre nous plonge donc dans un réalisme magique (éléments surnaturels ancrés dans un monde réel), des poissons tombent du ciel, des apparitions ponctuent le récit, comme le colonel Sanders ou encore l'enfant nommé corbeau. Le réalisme existe de part les lieux où se déroulent l'action : plusieurs villes du Japon contemporain, mais également grâce à son ancrage dans un univers littéraire connu. Le plus flagrant, est, comme énoncé ci-dessus, la reprise du mythe d'Oedipe ou encore le rapport à la complexité des rapports père/fils exprimé par le prénom du personnage principal : Kafka, mais ce n'est pas tout. Des auteurs Japonais sont souvent cités, un rapport avec la philosophie (voire la psychologie) est présent (métaphores sur la vie, qui est perçue elle-même comme une métaphore).
Ce roman d'initiation est donc une petite merveille que j'ai adoré, je vous le recommande.

Ps : le rapport avec le théâtre antique (Oedipe, un destin plus fort que tout et surtout inévitable) n'est pas anodin, Haruki Murakami a étudié le théâtre antique.

Pour qui s'adresse ce roman ? A tous les rêveurs, à ceux qui ont sut garder leur âme d'enfant au fond d'eux. 

Les plus : Un monde à part, envoûtant qu'on n'a plus envie de quitter.
Les moins : Un manque d'information à la fin du récit, laissant en suspend plusieurs questions. 


2 commentaires:

Sybille a dit…

Hum, ce livre l'a ne me tente pas trop mais bon, je changerais peut être d'avis avec le temps lol !

Je tenais à te remercier pour cette petite carte d'anniversaire, ça m'a fait extrêmement plaisir vraiment ! Elle est magnifique en plus ! Ma soeur voulait me la piquer pour la mettre sur son frigo dans son appart, j'ai du lui dire "bas les pattes" lol ! Merci beaucoup ^^!

Sindy a dit…

Mais de rien Sybille :)