lundi 7 novembre 2011

A ma mère

Il me prend l'envie soudaine d'écrire un article sur ma vie, et plus particulièrement sur ma maman, parce que j'ai un peu la flemme de rentrer chez moi, que j'ai oublié mon maquillage et que ma peau est dé-gueu-la-sse. 
Ma maman, elle a vécu des trucs difficiles, que je ne peux même pas expliquer avec des mots simples, tellement  c'est, pour moi, dur à expliquer. Et même si aujourd'hui j'ai l'impression qu'elle n'est plus elle-même, je l'aime encore, même si je ne lui dit jamais. Peut-être que cet article vous fera comprendre mon attrait pour les livres qui suintent le malheur, la tristesse et qui parlent, souvent, de maladie psychiques. 
Ma maman est ce que l'on nomme, encore couramment, une maniaco-dépressive, ou autrement dit une bipolaire. Ces noms peuvent faire peur, ou au contraire nous faire sourire (qui ne s'est jamais dit, ado, mais je suis dépressive MOI). Vivre avec un parent malade n'est pas facile tous les jours, l'Etat l'a très bien comprit et m'a éloignée d'elle lorsque j'avais 18 ans. Ma mère m'a beaucoup fait souffrir, elle n'a jamais sut comment m'aimer normalement, c'est à dire pas de gestes tendres, pas de mots tendres, mais plutôt une pléthore de cadeaux. Oui j'étais pourrie gâtée, mais j'étais maltraitée, psychologiquement et physiquement. Je ne lui en veux pas, elle a aussi connu ça, dans sa lointaine jeunesse, elle ne fait que répéter sans le vouloir, le schéma de son enfance. J'ai rangé ma rancœur, pour cela j'ai mit des années, des mois, et même si parfois je lui en veut encore, ce n'est que dans de très rares moments. Tout ce que je sais, c'est qu'elle est malade et qu'il faut l'aider. Mais je suis bien la seule à penser cela, il faut dire que notre société actuelle rejette ce genre de maladie, car elle n'est tout bêtement pas considérée comme une maladie, ma maman serait pour certains "folle" ou seulement "fénéante". Mais comment faire comprendre aux gens qu'elle est bouffée par les crises d'angoisse, qu'elle n'a plus de notion de temps, et que sa seule pensée au cours de la journée lui rappelle à quelle point elle est seule ? Car oui, la maladie, ça fait fuir les gens, et même son mari. 
Vivre avec un malade, c'est toujours lui rappeler ce qu'il doit faire, la féliciter pour pas grand chose : c'est bien, tu as lavé par terre; bravo ! ; mais c'est aussi, avoir, soi-même un ras le bol qui s'élève, c'est de s'énerver et de regretter par la suite, c'est aussi l'encourager à suivre son traitement, même si elle se plaint de dormir toute la journée, c'est vérifier si, par malheur, elle n'est pas décédée, toute seule, dans son appartement. 
On dit que sa maladie peut se transmettre aux enfants, par copie du comportement malade, ou par génétique. Je n'en sais rien, et je ne veux pas le savoir. 

2 commentaires:

Sybille a dit…

En effet, ça ne doit pas être facile tous les jours, et rien que pour ça, je t'admire ! On ne se rends pas forcément compte des difficultés endurées quand on a une famille soit disant "normale"...En tout cas, je trouve que tu as un courage exemplaire et un amour pour ta maman inconditionnel, et ça, c'est beau !

Livr0ns-n0us a dit…

Je compatis car ma maman a le même problème et ce que tu écris fait écho à tellement de choses en moi... J'admire ton courage de pouvoir l'écrire si librement !