Ayant remporté le match de la
rentrée littéraire organisé par PriceMinister et un franc succès auprès des
lecteurs, je fus tentée d’acheter ce livre (je n’ai pas attendu sa sortie
poche, ce qui est rare). J’avais déjà été charmée par No et Moi, et j’avais été
tout particulièrement touchée par le rôle effacée de la mère (non pas par la
relation entre les deux jeunes filles, qui est pourtant le thème principal du
roman). Je ne regrette pas mon choix.
Tout commence par la découverte
d’un corps, celui de la mère de l’auteur, dans sa chambre, corps en
décomposition, un suicide peut-être, une vision marquante, choquante, rongeant
Delphine de Vigan, faisant naître en elle l’idée, obsédante idée, d’écrire la
biographie de Lucile, sa mère.
Delphine de Vigan retrace la vie
de celle-ci, mélange les témoignages des nombreux frères et sœurs de cette
dernière, fouille dans un passé pas toujours rose. On pourrait dire que c’est
égoïste comme démarche, qu’elle dévoile la vie de toute sa famille, qu’elle
brise les non-dits, qu’elle met à jour tout ce que cette famille à mit des
années à cacher, enfouir les souvenirs, les faits les plus sombres. Cette
démarche dérange tout aussi bien l’auteur, qui à plusieurs reprises évoque
l’écriture de ce roman, ses démarches, ses doutes et son mal-être. Elle redoute
des représailles, mais elle ne peut passer pas outre son envie, ce besoin
d’écrire.
Ce livre a vraiment fait écho à
mon passé, mes souvenirs, mes souffrances, si vous êtes fidèles de mon blog, je
fais ici référence à un petit article que j’avais écrit en hommage à ma maman.
J’aime les livres dans lesquels j’arrive à reconnaitre ce que j’ai moi-même
vécu, cela m’émeu. Alors oui, ce livre fut un petit coup de cœur.
Lucile, issue d’une fratrie
nombreuse, enfant mannequin, a connu de nombreux tourments : mort de son
frère Antonin, l’arrivée d’un frère adoptif (anciennement enfant battu), relation ambiguë avec son père : entre admiration et conflits. Lucile, à
l’âge adulte, plongera dans la folie, dans la maniaco-dépression, entre internement
à l’hôpital psychiatrique de Maison Blanche et l’éducation de ses filles,
Lucile vacille. L’enfance de sa mère nous est surtout racontée par des
témoignages des frères et sœurs et des documents de famille que Delphine de
Vigan a sut exploiter. Dès sa naissance, l’auteur décrit sa mère, comme elle
l’a connu (tout en continuant à mêler ses sources documentaires). A la fin de
sa vie, Lucile semble retrouvée une certaine stabilité, une renaissance comme
l’évoque l’auteur.
Ce livre m’a rappelé le travail
d’Emmanuel Carrère où l’écriture du texte, l’expérience de cette écriture,
devient une partie du roman. Où les éléments autobiographiques et des éléments
de la biographie d’une personne choisie (en l’occurrence, ici, Lucile).
En bref : Un très bon livre
où les apparences sont souvent trompeuses.
Les plus : La recherche
biographique, le courage de le mettre sur papier. L’amour que l’auteur porte à
sa mère, le pardon qu’elle a sut lui donner.
Les moins : Pourrait
paraître égoïste, dévoiler les secrets de sa famille n’est pas toujours
évident.
A qui s’adresse ce livre ? Essentiellement
à ceux qui aiment (ou qui ont l’habitude) de lire des livres où la folie (qui
peut déranger certains) est au cœur de la narration, où la mort à un rôle
important.
2 commentaires:
Je dois lire ce livre pour le baby challenge de Livraddict. J'ai déjà lu des livres que j'ai aimé relatant la folie. Donc ça, ça va. Mais le côté mort, c'est triste. Même si j'ai déjà lu des livres à ce sujet (dont le journal d'Ann Frank). Toutefois, je pense que ce livre pourrait tout de même me plaire dans l'ensemble.
La mort (celle d'Antonin) n'est pas évoquée pendant de longs passages, au contraire, elle est mise de côté, comme si finalement elle n'était pas importante. Ensuite, en ce qui concerne celle de Lucille, elle est l'essence même de cet ouvrage et n'est finalement qu'en ouverture, même si la question du suicide (et de la maladie par conséquent) est un fil d'Arianne tout au long du récit.
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