samedi 7 janvier 2012

Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan


Ayant remporté le match de la rentrée littéraire organisé par PriceMinister et un franc succès auprès des lecteurs, je fus tentée d’acheter ce livre (je n’ai pas attendu sa sortie poche, ce qui est rare). J’avais déjà été charmée par No et Moi, et j’avais été tout particulièrement touchée par le rôle effacée de la mère (non pas par la relation entre les deux jeunes filles, qui est pourtant le thème principal du roman).  Je ne regrette pas mon choix.
Tout commence par la découverte d’un corps, celui de la mère de l’auteur, dans sa chambre, corps en décomposition, un suicide peut-être, une vision marquante, choquante, rongeant Delphine de Vigan, faisant naître en elle l’idée, obsédante idée, d’écrire la biographie de Lucile, sa mère.
Delphine de Vigan retrace la vie de celle-ci, mélange les témoignages des nombreux frères et sœurs de cette dernière, fouille dans un passé pas toujours rose. On pourrait dire que c’est égoïste comme démarche, qu’elle dévoile la vie de toute sa famille, qu’elle brise les non-dits, qu’elle met à jour tout ce que cette famille à mit des années à cacher, enfouir les souvenirs, les faits les plus sombres. Cette démarche dérange tout aussi bien l’auteur, qui à plusieurs reprises évoque l’écriture de ce roman, ses démarches, ses doutes et son mal-être. Elle redoute des représailles, mais elle ne peut passer pas outre son envie, ce besoin d’écrire.
Ce livre a vraiment fait écho à mon passé, mes souvenirs, mes souffrances, si vous êtes fidèles de mon blog, je fais ici référence à un petit article que j’avais écrit en hommage à ma maman. J’aime les livres dans lesquels j’arrive à reconnaitre ce que j’ai moi-même vécu, cela m’émeu. Alors oui, ce livre fut un petit coup de cœur.
Lucile, issue d’une fratrie nombreuse, enfant mannequin, a connu de nombreux tourments : mort de son frère Antonin, l’arrivée d’un frère adoptif (anciennement enfant battu), relation ambiguë avec son père : entre admiration et conflits. Lucile, à l’âge adulte, plongera dans la folie, dans la maniaco-dépression, entre internement à l’hôpital psychiatrique de Maison Blanche et l’éducation de ses filles, Lucile vacille. L’enfance de sa mère nous est surtout racontée par des témoignages des frères et sœurs et des documents de famille que Delphine de Vigan a sut exploiter. Dès sa naissance, l’auteur décrit sa mère, comme elle l’a connu (tout en continuant à mêler ses sources documentaires). A la fin de sa vie, Lucile semble retrouvée une certaine stabilité, une renaissance comme l’évoque l’auteur.

Ce livre m’a rappelé le travail d’Emmanuel Carrère où l’écriture du texte, l’expérience de cette écriture, devient une partie du roman. Où les éléments autobiographiques et des éléments de la biographie d’une personne choisie (en l’occurrence, ici, Lucile).

En bref : Un très bon livre où les apparences sont souvent trompeuses.

Les plus : La recherche biographique, le courage de le mettre sur papier. L’amour que l’auteur porte à sa mère, le pardon qu’elle a sut lui donner.
Les moins : Pourrait paraître égoïste, dévoiler les secrets de sa famille n’est pas toujours évident.

A qui s’adresse ce livre ? Essentiellement à ceux qui aiment (ou qui ont l’habitude) de lire des livres où la folie (qui peut déranger certains) est au cœur de la narration, où la mort à un rôle important. 

2 commentaires:

Val84 a dit…

Je dois lire ce livre pour le baby challenge de Livraddict. J'ai déjà lu des livres que j'ai aimé relatant la folie. Donc ça, ça va. Mais le côté mort, c'est triste. Même si j'ai déjà lu des livres à ce sujet (dont le journal d'Ann Frank). Toutefois, je pense que ce livre pourrait tout de même me plaire dans l'ensemble.

Sindy a dit…

La mort (celle d'Antonin) n'est pas évoquée pendant de longs passages, au contraire, elle est mise de côté, comme si finalement elle n'était pas importante. Ensuite, en ce qui concerne celle de Lucille, elle est l'essence même de cet ouvrage et n'est finalement qu'en ouverture, même si la question du suicide (et de la maladie par conséquent) est un fil d'Arianne tout au long du récit.