dimanche 6 mai 2012

La salle de bains du titanic, Véronique Ovaldé

Je tiens, avant de commencer la rédaction de mon avis, à remercier les éditions J'ai lu et le site Livraddict de m'avoir envoyé ce livre, grâce à eux j'ai pu découvrir une auteur que je ne connaissais pas et qui m'intéressait.

Attention, quelques spoilers ce sont glissés dans l'article. 

Ce livre est composé de trois récits, trois nouvelles initialement publiées dans Le monde 2 et Télérama ayant pour lieu d'action Camerone. La première nouvelle se borne à un seul personnage, celui de Vienna, qui tente de se rappeler un après midi particulier, celui qui a changé sa vie lorsqu'elle était petite. Vienna se souvient de ses jeux, de l'odeur de cadavre de poissons échoués sur la plage, de ce monsieur si particulier, de sa moustache et de sa chemise à carreau. Tout a, par la suite, changé : c'est le constat qu'effectue Vienna lorsqu'elle revient à Camerone à l'âge de 13 ans. L'écriture de Véronique Ovaldé est sensible, féminine, elle arrive à aborder des thèmes difficiles avec une telle simplicité ! Vienna est détachée du monde, ce dernier ne semble pas avoir emprise sur elle, "maman" a un cancer, mais elle ne décrit pas ses émotions, ni ce qu'elle ressent, elle décrit les faits les plus anodins, le comportement de son père face à la maladie (ce dernier à tendance à dire oui à toutes les lubies de sa femme), mais d'elle, non, jamais. Au fur et à mesure de l'avancée du récit, lorsque Vienna se souvient de cet après midi si marquant, le récit de son père se mêle au sien, ce n'est plus son histoire mais l'épreuve qu'a vécue ce dernier, Vienna, tout comme le récit de la maladie de sa maman, ne nous fait rien partager : on ne sait pas ce qu'il s'est passé avec cet homme, nous ne pouvons qu'émettre des hypothèses. 
La seconde nouvelle concerne un homme à moustache et à chemise à carreaux, ayant déjà vécu à Camerone nommé Gorka, mais, là aussi, rien ne nous est expliqué de but en blanc, le lecteur reste dans le vague. Le récit se rattache à la première nouvelle par le biais du lieu d'action mais aussi par l'apparition du personnage de Vienna, qu'il croise lorsqu'il va aux alcooliques anonymes, Vienna va aux cancéreux anonymes. Il se souvient d'elle, il pense l'avoir déjà vu quelque part, il pense à toutes ces filles qu'il a abîmées. 
Le troisième récit, le plus long, est celui qui a donné son titre à l'ouvrage, La salles de bains du Titanic, nous retrouvons Vienna, plus âgée, dans un appartement en colocation. Lors d'un bain, dans une salle de bains décrépites, un peu comme sa propre vie, Vienna repense à cet après midi, à la violence, aux hommes aux moustaches et chemises à carreaux. Et puis le destin la rattrape, Vienna est un peu comme le Titanic, elle est née pour sombrer. 
J'ai vraiment aimé cette écriture délicate, comment l'auteur arrive à tout dire sans rien expliqué, à évoquer la douleur avec des mots si simples, par l'implicite, les non dits... J'ai regretté la brièveté de l'ouvrage, seulement 73 pages dont quelques pages d'illustrations (qui sont jolies et très sombres, ce qui correspond bien aux récits). 

En bref : Une écriture délicate, féminine où la souffrance, la maladie est évoquée avec brio au sein de ces trois nouvelles. 

Points positifs : Une oeuvre facilement abordable, une lecture rapide, une écriture fluide et sensible. Un récit qui, je pense, s'adresse plus aux lectorat féminin que masculin. 
Points négatifs : Le titre, même si j'arrive à comprendre son utilité, je n'ai pas put m’empêcher de penser : "Si ce n'est pas surfer sur le succès du Titanic, qui, oh, surprise vient de ressortir au cinéma... je me demande bien ce que c'est !"


3 commentaires:

Sybille a dit…

Oh, je l'ai dans ma PAL !

Sindy a dit…

Ressors le rapidement alors :)

Tanane a dit…

Pour Bageltom, aucune idée, je suis tombée dessus une fois par hasard (c'est comme ça que j'ai connu) et j'y suis retournée une deuxième fois en étant guidée par Jeremy, donc je saurais pas où le placer.

Merci pour tes adresses, j'espère néanmoins que c'est pas trop cher. Je vais aller voir Buboolitas en priorité, parce que mieux que Bageltom... C'est difficile à croire, aha.

Pour Pho 14, c'est bizarre parce que j'en ai déjà entendu parlé (mais en viet) du coup normalement je connais, mais ça me dit rien concrètement (tu vois ce que je veux dire quoi).

Sinon pour le bouquin, je n'ai pas lu ce que tu as écrit à cause des spoilers. Je sais pas si tu as lu d'autres choses d'elle mais elle était au Prix Goncourt quand j'y ai participé, j'avais voté pour elle (Ce que je sais de Vera Candida) :)