mercredi 13 juin 2012

Sommeil de Haruki Muramaki


Encore une fois je suis tombée sous le charme de la plume de cet auteur japonais. Cette-fois-ci j’ai opté pour un court récit, une nouvelle, ce qui tranche clairement avec le pavé de Kafka sur le rivage (qui reste mon favori).
Murakami, dans cette nouvelle, ne change pas ses  habitudes, on retrouve une écriture onirique,  un récit énigmatique, car Murakami ne livre jamais toute l’histoire, il y a ce brin de mystère et c’est à chaque lecteur de découvrir les réponses aux questions qu’il se pose.
Dans sommeil, Murakami nous livre l’histoire d’une femme, d’une épouse, d’une maman, qui depuis 17 nuits n’arrive pas à dormir, cette insomnie survient après un rêve éveillé ayant marqué la jeune femme. Pendant ces 17 nuits, elle redécouvre des plaisirs oubliés comme la lecture, le chocolat ou encore la dégustation de cognac. Elle se met aussi à sortir en pleine nuit, dans sa voiture, afin de penser ou encore d’observer la nature, le ciel étoilé. Cette épouse se pose également beaucoup de question sur sa vie, qui lui semble, désormais, qu’une répétition, chaque jour le même schéma, une vie finalement banale et ennuyante : le matin elle se lève, prépare le petit déjeuner, dit au revoir à son fils et à son mari, fait les courses, fait à manger, puis elle va nager, pour ensuite faire le diner et se coucher. Elle semble se demander si elle ne serait pas devenue folle, si elle ne serait pas en train de mourir, et si mourir n'était pas ce que l'on croit ?
Murakami, en plus de nous raconter la vie de cette femme (qui ne porte d’ailleurs pas de nom et qui pourrait être, de ce fait, n'importe qui), nous livre une jolie apologie de la lecture, et plus particulièrement son amour pour les auteurs russes comme Tolstoï (avec plusieurs évocation à Anna Karenine) et Dostoïevski.

Source :  lePoint.fr
Attention, quelques spoilers ce sont glissés dans la suite de cet article.



J’ai interprété cette fin comme un réveil, finalement, ce n’est pas 17 nuits qu’elle a passé sans dormir, mais 17 nuits à dormir profondément. Ces deux inconnus qui viennent la surprendre dans sa voiture, sur ce parking, ne sont en fait que deux individus essayant de la réveiller. Ce qui explique pourquoi, pendant ces jours, elle n’effectuait que des actions qu’elle avait déjà réalisée lorsqu’elle était plus jeune. Relire Anna Karénine, manger à nouveau du chocolat (chose qu’elle n’a pas fait depuis qu’elle est épouse), elle fait alors appel à des souvenirs (ce ne sont donc plus des actions). Cette théorie est en concordance avec le titre de cette nouvelle : Sommeil (et non Insomnie).  La fin de cette nouvelle en a surpris plus d’un, mais j’ai envie de dire que chacun l’interprète comme il l’entend, parfois, pour comprendre une œuvre, il faut faire marcher son imagination. C’est vrai que la fin coupe une scène en pleine action (la seule dans cette nouvelle), mais pour moi elle peut être expliquée.


En bref : Une jolie nouvelle pour découvrir Murakami, les dessins de Kat Menschik accompagnant l’édition nous plonge d’autant plus dans cet univers onirique.
En plus : Une jolie fin qui offre à chaque lecteur le pouvoir d’interpréter l’ensemble de la nouvelle, une écriture fluide. 
En moins : Rien à redire. 

2 commentaires:

sybille a dit…

je n'aime pas trop la littérature japonaise en général, mais vu ton avis, j'avoue que je suis pas mal tentée !

Audrey a dit…

Je prends en note, il m'intéresse grandement ! l'histoire est vraiment originale et semble très intrigante.